Le Blog Plantez Chez Nous Rencontre avec Matthieu Jehanne, passionné de plantes carnivores

20/03/19 |  0 comment | 

Rencontre avec Matthieu Jehanne, passionné de plantes carnivores

Matthieu Jehanne, brestois d'origine, a créé Carniflore, une pépinière spécialisée dans la culture de plantes carnivores et de plantes de tourbière. Rencontre avec ce producteur passionné.

La pépinière Carniflore se trouve à Pouldreuzic, à une trentaine de kilomètre de Quimper. Elle compte aujourd'hui plus de 600 variétés de plantes carnivores parmi lesquelles : Cephalotus, Darlingtonias, Dionées, Droseras, Nepenthes, Pinguiculas, Droseras sans oublier les majestueuses Sarracenias !

Comment est née la pépinière Carniflore ?

C'est par véritable passion que je suis devenu producteur de plantes carnivores et créé la pépinière Carniflore.

J'ai toujours aimé les végétaux. Quand j'avais 20 ans, on m'a offert une plante carnivore. Comme je ne savais pas comment m'en occuper, elle était en train de dépérir et je ne le supportais pas.

Je me suis alors documenté et renseigné dans les livres, les forums…pour comprendre son mode de vie. J'ai finalement réussi à la sauver. C'est comme cela que je suis entré dans le monde des plantes carnivores.

J'ai alors commencé à les multiplier pour le plaisir, à titre personnel. J'ai ainsi débuté une collection.

Puis, en 2009, j'ai décidé de faire de ma passion mon métier et j'ai créé la pépinière Carniflore.

A l'époque c'était très novateur, il n'y avait que 2 producteurs de plantes carnivores en France. J'ai “sauté dans l'inconnu” mais cela a été un vrai choix de vie, je souhaitais faire quelque chose que j'aimais vraiment.

J'ai tout appris tout seul, pendant 15 ans et je continue toujours à apprendre de ces plantes fascinantes !

Pourquoi avoir choisi ces productions ?

Je suis fasciné par les capacités d'adaptation développées par ces plantes, les moyens qu'elles mettent en place pour survivre dans des milieux très pauvres en nutriments. Elles sont à part, donc elles m’ont intéressé.

Et puis, ces plantes ont inversé les choses. Au lieu que ce soient les insectes qui dévorent leurs feuilles, ce sont elles qui les mangent.

D'ailleurs au XVIII ème siècle, pour l'Eglise catholique, les plantes carnivores ne devaient pas exister. Elles étaient nommées “les plantes du diable”. On a donc pris du retard sur leurs connaissances.

J'aime aussi la diversité de leurs fleurs, formes, feuillages, pièges et méthodes de capture mis en place. Une dizaine de pièges existent : système de colle, d'aspiration, de mâchoires…Certains sont tout à fait incroyables.

Quelles sont les particularités des plantes carnivores ?

Les plantes carnivores sont présentes partout dans le monde. Il en existe plus de 800 variétés différentes !

On les trouve de 0 à 3000 m d'altitude et quasiment du pôle Sud au pôle Nord.
Chaque continent possède ses propres variétés. Elles s'adaptent à des conditions de culture très différentes.

Il existe même des espèces aquatiques comme l'Aldrovanda. Cette plante a une tige de 30 cm environ, et comme les dionées, elle possède des pièges actifs qui lui permettent de capturer des petites proies, comme des larves de moustiques, dans les mares ou les bassins.

Les plantes carnivores sont très sensibles à la pollution. Elles vivent dans des marécages et surtout dans des tourbières, des zones naturelles très fragiles qu'il faut protéger.
Il faut d'ailleurs être vigilants lorsqu'on achète du terreau, de ne pas en acheter avec de la tourbe dedans !

A la pépinière, je produis aussi des plantes de tourbières. Contrairement aux plantes carnivores, elles n'ont pas de piège.

Des bactéries se trouvent au bout de leurs racines et leur permettent d'absorber et d'assimiler les nutriments présents dans la tourbe. Parmi elles, il y a des orchidées, des graminées, des asters, de la canneberge…

Qu'aimez-vous le plus dans votre métier ?

J'aime la reproduction des plantes, leur multiplication.
L'avantage c'est que toutes les plantes carnivores se sèment, se divisent ou se bouturent.

J'aime également les voir se développer et chercher de nouvelles variétés. Pour cela, j'échange régulièrement avec des collectionneurs du monde entier, des responsables de jardins botaniques, certains particuliers passionnés…

Je multiplie principalement les Sarracenias. Elles possèdent un rhizome qui fait des rejets. Je coupe ces rejets et, dès qu'ils font des racines, je les plante. Les Droseras, quant à elles, se bouturent. D'autres carnivores, notamment les hybrides, ne se multiplient que par division.

Je possède aujourd'hui près de 600 variétés. Attention, ce n'est pas 600 variétés sur les 800 qu'il existe dans le monde car j'ai parfois la même variété mais provenant de divers pays. En fonction de leurs origines, les plantes carnivores ont des couleurs et des formes différentes.
Je fais un travail de collection, de “conservatoire” de plantes.

Bien sûr, nos plantes sont produites dans le respect de l'environnement, sans engrais, ni apport chimique. Mon objectif est de proposer des plants vigoureux, proche de leurs conditions naturelles.

Enfin, j'aime bien sûr partager mes connaissances, ma passion et guider les personnes qui souhaitent en cultiver pour qu'ils offrent aux plantes les meilleures conditions de culture possible.

Chaque plante est d'ailleurs vendue avec sa fiche de culture pour que chacun puisse lui apporter ce dont elle a besoin pour s’épanouir.

Quels conseils donneriez-vous pour bien cultiver les plantes carnivores chez soi ?

Plus fascinantes les unes que les autres, les carnivores sont assez faciles à cultiver.

Le principal conseil que je peux donner c'est de leur offrir un milieu adapté. Si le milieu est adapté, leur culture sera aisée.

On pense souvent à tort que ce sont des plantes tropicales mais, ce n'est pas le cas. Les plantes carnivores résistent très bien au froid, certaines même jusqu'à – 15°C. On peut les cultiver dehors sans problème.

Comme en hiver il y a moins d'insecte, elles vont tout simplement fâner et entrer en dormance. Elles “se réveilleront” au printemps avec l'arrivée des insectes.

Il faut les cultiver dans une terre très pauvre et très humide, comme les tourbières. L'idéal est de mettre une petite soucoupe d'eau sous le pot, pour les maintenir les pieds dans 3 à 4 cm d'eau (sauf l'hiver).

Privilégiez l'arrosage à l'eau déminéralisée ou mieux, à l'eau pluie, car les plantes carnivores ne supportent ni les minéraux ni le calcaire. Laissez un pot ou un arrosoir dehors pour récolter cette eau.

Dans de bonnes conditions, les plantes carnivores vivent généralement entre 10 et 15 ans.

Attention, il ne faut pas considérer ces plantes comme des insecticides. Les plantes carnivores ont surtout besoin d'eau et de lumière pour se développer.

Les insectes sont en quelque sorte un “plus”. Elles peuvent tout à fait vivre sans en manger. C'est juste que sans insecte, elles se développent moins vite, produisent moins de fleur et moins de graine. Donc ne vous attendez pas à un effet miraculeux !

Matthieu Jehanne vend ses plantes carnivores sur les fêtes des plantes et notamment les références en la matière, comme Chantilly ou Saint-Jean-de-Beauregard. Ses plantes sont également disponibles en vente en ligne sur le site carniflore.com. Et bien sûr, il vous accueille à la pépinière.

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