Le Blog Plantez Chez Nous Rencontre avec Frédéric Pierre, producteur de rosiers anciens, botaniques et modernes

Mis à jour le 01/06/2020 |

Rencontre avec Frédéric Pierre, producteur de rosiers anciens, botaniques et modernes

Frédéric Pierre, gérant de la pépinière Auprès des roses, produit une multitude de rosiers, à Lécousse, en Bretagne. Il possède une collection de près de 350 variétés différentes : rosiers anciens, modernes, grimpants, botaniques, buissons, lianes, parfumés…Certains sont très rares. En visitant sa pépinière, vous serez émerveillés d’une telle diversité !

Frédéric Pierre propose des rosiers anciens (bouturés) en pot toute l'année, des rosiers modernes (greffés) en racines nues ou en pot et de nombreux rosiers parfumés, dont la plupart ont été primés lors de concours de parfums un peu partout dans le monde.

Vous pouvez découvrir sa belle collection en vente en ligne sur son site web, en allant le rencontrer à la pépinière Auprès des roses (sur rendez-vous) ou lors des différentes fêtes des plantes auxquelles il participe.

Comment est née votre passion pour les roses ? 

Frédéric Pierre : “Lorsque j'étais étudiant en faculté de biologie, je logeais chez mes grands-parents. Mon grand-père, ingénieur paysagiste, était un grand fan de roses. Il avait une belle roseraie et de nombreux bouquins d'horticulture que j'ai tous dévorés. Il m'a transmis sa passion. 

J'ai alors décidé d'arrêter mes études en biologie pour débuter un BTS en production horticole et pépinière, en apprentissage sur 2 ans.

Une fois mon diplôme obtenu, j'ai intégré différentes pépinières, dont certaines spécialisées en rosiers, en tant que salarié, jusqu'à des postes de chef de cultures. J'ai donc pu approfondir mes connaissances horticoles.

En 2006, j'ai décidé de créer ma propre exploitation. J'ai acheté un terrain à une personne qui produisait des fleurs coupées et c'est ainsi que la pépinière Auprès des roses est née.

Très vite, pour faire connaître mes productions, j'ai participé à de nombreuses fêtes des plantes”.

Quelle est la différence entre un rosier moderne et un rosier ancien ? 

Frédéric Pierre : “La définition stricte d'un rosier ancien est un rosier créé avant 1867, date de la naissance du premier rosier hybride

Mais cette définition n'est pas appliquée à la lettre. Ce qui caractérise un rosier ancien est son port naturel et souple, son feuillage évasé, souvent mat, la forme particulière de ses roses… 

Les rosiers anciens donnent un esprit “vintage” au jardin. On dit que ce sont les roses que nos aïeux avaient dans leur jardin. 

Ils se marient très bien avec des vivaces et permettent de créer les mixed-border(plate-bande mixte) que les anglais aiment tant.

Parmi les rosiers anciens, il y a des “remontants” et des “non-remontants”. Les remontants fleurissent plusieurs fois dans l'année, en général deux fois.

Les non-remontants ne fleurissent qu'une seule fois, au printemps, mais leur floraison est absolument spectaculaire ! Parmi eux, il y a des rosiers magnifiques avec des parfums sublimes.

Par opposition, les rosiers modernes sont ceux créés au début du XXe siècle, leur premier représentant étant la variété “La France”, créée en 1867. Ils ont un port raide, un feuillage brillant, dépassent rarement les 1,2 m de haut et ont tous une floraison remontante. 

Ils sont devenus les rosiers les plus communs de nos jardins et sont parfaits pour réaliser des bordures en mélangeant plusieurs variétés. Je cultive des rosiers modernes résistants aux maladies, à la floraison abondante et aux parfums puissants”.

Sur votre site, on retrouve de nombreuses catégories de rosiers, pouvez-vous nous en dire plus ?

Frédéric Pierre : “On retrouve effectivement tous les rosiers modernes (dit aussi “actuels”) et tous les rosiers anciens dans deux catégories distinctes.

Mais je classe aussi ma collection en rosiers parfumés, à grandes fleurs, à fleurs groupées, grimpants, arbustifs, buissons, lianes… Ces catégories regroupent aussi bien des rosiers anciens que modernes.

Les rosiers buissons ont une hauteur adulte comprise entre 0,60 et 1,20 m, les arbustifs entre 1,2 et 1,8 m, les grimpants entre 2 et 4 m et les lianes dépassent les 5 m ! 

C'est d'ailleurs impressionnant et magique de voir certaines rosiers lianes recouvrir des arbres de près de 10 m de haut. Lors de leur floraison, c'est un spectacle inédit !

La catégorie “ rosiers parfumés ”, regroupe divers rosiers (arbustifs, anciens, lianes, buissons) qui ont un seul critère en commun : un parfum très puissant.

Des parfums de miel, d'anis, de fruits, d'épices… anisés, verts, suaves, capiteux… Il y a une belle diversité ! Certains rosiers ont même obtenu des prix au Concours international de roses nouvelles de Genève et de Rome, ainsi qu'au Concours mondial du parfum de roses et à la célèbre Coupe de parfum tous deux organisés en France.

Enfin, je distingue les rosiers à grandes fleurs des rosiers à fleurs groupées. Les premiers produisent une belle et grosse rose par branche, idéale pour confectionner un bouquet. Ces rosiers, souvent remontants, ont de très nombreuses branches. Ils offrent alors une profusion de grosses roses !

Les seconds forment plusieurs fleurs à l'extrémité de leurs tiges, produisant un effet de masse des plus spectaculaires”.

Quelle est la différence entre un rosier greffé et un rosier bouturé ?

Frédéric Pierre : “Un rosier greffé ne dispose pas de ses propres racines. Il est greffé sur un “porte-greffe” choisi pour sa vigueur, sa tolérance aux propriétés du sol, sa résistance aux aléas climatiques et aux maladies. Le greffon, choisi pour ses qualités esthétiques et le parfum de ses fleurs, profite donc des atouts du porte-greffe.

Un rosier bouturé quant à lui, dispose de ses racines. Il est aussi appelé “rosier franc de pied”.

Certains rosiers se prêtent bien au greffage, c'est le cas des rosiers modernes. D'autres, sont plus adaptés au bouturage, comme les rosiers anciens.

Comme les rosiers greffées profitent de la vigueur racinaire de leurs portes-greffes, leur croissance démarre très vite. De plus, ils ont de grosses branches. Ils doivent donc être rapidement placés dans de gros contenants. Leur durée de vie est de 15 à 20 ans.

Le bouturé, lui, développe ses racines peu à peu, et poursuit un cycle naturel pour atteindre sa taille adulte. Il peut vivre plus de 30 ans.

A la pépinière, je pratique ces deux types de cultures. Le greffage des rosiers est un long processus”.

Comment greffez-vous les rosiers ?

Frédéric Pierre : “Tout d'abord, j’achète le porte-greffe (qui est un mini églantier) et vers le mois de mars, je l'installe en pleine terre. 

Puis, en août, je commence la greffe en écusson. Cela signifie que j'implante, sur le porte-greffe, un œil (ou bourgeon) prélevé sur le rosier que je souhaite multiplier. Le petit bourgeon greffé va faire un” appel de sève”, c'est-à-dire qu'il va développer ses branches grâce aux racines du porte greffe.

L'année d'après, en février, je fais le sevrage, c'est-à-dire que je coupe la partie aérienne du porte greffe. Je coupe toutes les branches qu'il y a au-dessus du bourgeon que j'ai inséré.

Au printemps, quand les branches repoussent, je les taille à nouveau pour forcer le rosier à se ramifier. Je le laisse ensuite pousser tranquillement. En novembre, j'arrache le rosier et le propose à la vente en racines nues ou en pot de 4 litres.

J'applique toutes ces étapes sur près de 5000 rosiers chaque année !

Le bouturage s'effectue, lui, en été. Je laisse mes boutures s'enraciner tout l'été dans des godets. Puis, au printemps suivant, je les rempote dans des pot de 1 L et les vends l'automne qui suit”.

Auprès des roses, c’est aussi une pépinière sous contrat de production avec les plus grands obtenteurs de rosiers en France. Pouvez-vous nous pouvez en dire plus ?

Frédéric Pierre : “Je travaille en effet avec NIRP ou EDIROSE qui sont des créateurs et obtenteurs de roses. Ce sont de véritables artistes, qui allient connaissances génétiques, gestes techniques et instinct pour créer les futures roses qui orneront les jardins. Leurs créations sont le résultat d'un long travail et d'une imagination débordante.

Etant un producteur agréé, je dois respecter une charte de qualité précise pour avoir le droit de greffer et multiplier ces nouveaux rosiers labellisés. 

Cela me donne accès à une très grande diversité de rosiers. Je peux proposer les toutes dernières variétés de roses. Ma collection est ainsi toujours en renouvellement.

Les rosiers anciens eux, sont libres de droit, et ne nécessitent pas de contrat de production”.

Quels conseils donneriez-vous à une personne qui souhaite cultiver des rosiers ? 

Frédéric Pierre : “La première question à se poser est : que veut-on faire avec son rosier ?

A partir de là, il faut choisir le rosier le plus adapté.

Vous voulez faire une haie champêtre ? Un rosier arbustif sera parfait.

Faire un massif mélangeant vivaces et rosiers ? Il faut plutôt s'orienter vers des rosiers anciens.

Un massif avec juste un beau rosier qui fleurit tout le temps ? Je conseillerais un rosier buisson à grandes fleurs.

Recouvrir un mur, un grillage, une pergola ? Dans ce cas, les rosiers grimpants sont très bien adaptés.

Il y a une telle diversité qu'il existe un rosier pour presque toutes les situations ! 

Même si vous avez une exposition peu ensoleillée, on peut trouver un rosier adapté.

Bien sûr, il est possible de me contacter par email pour bénéficier de conseils et de recommandations pour bien choisir son rosier”.

Enfin, qu'aimez vous le plus dans votre métier ?

Frédéric Pierre : “Entrer dans la serre tous les matins, observer toutes mes roses et prendre une bouffée d'air parfumé !”

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée sur le site.

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